26 Août DPE : ce qui va changer au 1er janvier 2027
Le DPE va encore évoluer au 1er janvier 2027.
Deux arrêtés publiés cet été apportent plusieurs changements : le coefficient utilisé pour l’électricité évolue à nouveau, le contenu du DPE s’enrichit, une nouvelle mention « A0 » fait son apparition et de nouvelles informations devront être apportées sur les équipements et le fonctionnement énergétique du logement.

Le coefficient de l’électricité évolue à nouveau
Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire a déjà connu plusieurs évolutions. Avant la mise en place du nouveau DPE en 2021, il était fixé à 2,58. Avec le nouveau DPE, il est passé à 2,3, puis à 1,9 au 1er janvier 2026. À partir du 1er janvier 2027, il sera à nouveau abaissé, pour atteindre 1,7.
Et cette nouvelle évolution n’est pas passée totalement inaperçue : lors de la consultation publique organisée cet été, le projet a suscité de nombreuses réserves et une large majorité des contributions exprimées s’est montrée défavorable à cette modification. Mais malgré les avis déposés pendant la consultation, le texte est désormais publié : 1,7 sera bien le nouveau chiffre à partir du 1er janvier 2027.
Le coefficient du DPE semble donc avoir trouvé une nouvelle passion : faire régulièrement ses valises pour partir toujours un peu plus bas. ![]()
Pourquoi ce coefficient est-il important ?
Le DPE convertit les consommations d’énergie finale en énergie primaire afin d’établir le classement énergétique. Plus le coefficient est faible, moins la consommation d’électricité pèse dans le calcul du DPE.
Cette évolution est donc particulièrement favorable aux logements utilisant l’électricité, notamment ceux chauffés à l’électricité ou équipés d’une pompe à chaleur. Elle pourra permettre à certains logements d’améliorer leur étiquette DPE, sans qu’aucun travaux ne soit réalisé.
Attention toutefois : tous les logements ne changeront pas forcément de classe. L’impact dépendra des caractéristiques et du classement de chaque logement.
Et pour les DPE déjà réalisés ?
Il ne sera pas nécessaire de refaire systématiquement les DPE concernés. Les DPE encore valides pourront bénéficier d’une attestation de changement d’étiquette, mise gratuitement à disposition par l’ADEME. Cette attestation permettra de prendre en compte le nouveau coefficient de 1,7 sans refaire le diagnostic. Elle ne remettra pas en cause les données relevées lors du DPE ni les travaux éventuellement préconisés.
Un DPE réalisé avant 2027 pourra donc conserver sa validité tout en bénéficiant, dans certains cas, d’une nouvelle étiquette.
Une nouvelle mention : A0
Autre nouveauté : l’apparition de la mention A0 sur l’étiquette du DPE. Cette mention concerne les bâtiments ou parties de bâtiments considérés comme à émissions nulles.
Pour pouvoir bénéficier de cette mention, le DPE devra notamment présenter une étiquette énergétique A ou B et respecter des conditions précises concernant les énergies utilisées. Les énergies utilisées devront être exclusivement renouvelables, électriques ou provenir d’un réseau de chaleur ou de froid considéré comme efficace. Aucune installation de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire ne devra être susceptible d’utiliser des énergies fossiles.
A0 ne constitue donc pas une nouvelle classe venant après A : il s’agit d’une mention spécifique, attribuée sous certaines conditions aux bâtiments considérés comme à émissions nulles.
Une estimation de la durée de vie restante du chauffage
Autre nouveauté à partir du 1er janvier 2027 : le DPE devra intégrer une évaluation de la durée de vie restante du système de chauffage, ainsi que du système de climatisation lorsqu’il y en a un.
Sur le papier, l’information est intéressante : elle permettra à l’acquéreur ou au propriétaire d’avoir une indication supplémentaire sur l’état et le renouvellement à anticiper d’un équipement.
Mais il faut rester prudent sur l’interprétation de cette donnée. Le texte crée cette nouvelle information, mais la méthode permettant d’évaluer précisément la durée de vie restante reste encore à déterminer. Il faudra notamment savoir quelles données seront prises en compte et comment elles seront traduites dans le DPE. L’âge de l’équipement pourra évidemment constituer un élément important, mais la durée de vie réelle d’une chaudière ou d’une pompe à chaleur ne dépend pas uniquement de son âge. Son entretien, son état, sa qualité, ses conditions d’utilisation ou encore son historique peuvent également avoir une influence.
Et puis, on connaît tous la chaudière de chez papi et mamie, installée dans les années 70, qui fonctionne encore comme une Rolls-Royce, alors que la pompe à chaleur du voisin, posée il y a cinq ans, a déjà rendu l’âme… ![]()
Il faudra donc considérer cette information comme une évaluation et non comme une date de fin de fonctionnement garantie. Autrement dit, il s’agira d’une estimation fondée sur des hypothèses et une méthode qui devra être précisée.
Le DPE donnera davantage d’informations sur les énergies renouvelables
Le nouveau texte vient préciser et enrichir les informations relatives aux énergies renouvelables. La production d’énergie renouvelable sera notamment davantage détaillée, avec :
- la production totale d’énergie renouvelable sur site ;
- la production par source d’énergie renouvelable ;
- la part de cette production par rapport à la consommation d’énergie finale.
La consommation prise en compte intègre également l’autoconsommation. Le DPE devra également identifier le principal vecteur ou la principale source énergétique, en énergie primaire comme en énergie finale.
Les déperditions seront présentées différemment
Les déperditions liées au renouvellement d’air seront désormais distinguées entre : celles liées à la ventilation ; celles liées à l’aération et aux défauts d’étanchéité. Cette distinction permettra de mieux identifier l’origine des pertes d’énergie liées au renouvellement d’air.
Le logement et la flexibilité du réseau électrique
Le DPE devra également apporter une information sur la capacité du logement à réagir à des signaux externes et à adapter sa consommation d’énergie, afin de contribuer à la flexibilité du système électrique.
Le texte prévoit également d’évaluer la capacité du système d’émission et de distribution de chaleur à fonctionner à basse température ou à des températures permettant une meilleure efficacité, lorsque cela est applicable.
Ces informations s’inscrivent dans une logique nouvelle : le DPE ne s’intéresse plus uniquement à la quantité d’énergie consommée par le logement, mais également à la manière dont celui-ci peut s’intégrer dans un système énergétique plus flexible et plus efficace.
En résumé
Le DPE a déjà beaucoup évolué ces dernières années et le mouvement continue.
Au 1er janvier 2027, le coefficient de conversion de l’électricité passera désormais à 1,7.
Parallèlement, le DPE donnera également davantage de visibilité sur :
- la production d’énergies renouvelables ;
- le principal vecteur énergétique ;
- la durée de vie estimée des systèmes de chauffage et de climatisation ;
- la capacité du logement à participer à la flexibilité du système électrique ;
- et les déperditions liées au renouvellement d’air.
Une nouvelle mention A0 fera également son apparition sur l’étiquette.
Ces évolutions concerneront les nouveaux DPE, mais pourront également avoir un impact sur certains DPE déjà réalisés et encore valides.
Plus d’informations sur le DPE
L’équipe GEDIMM Environnement.
